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La Chambre des morts 19 février, 2010

Classé dans : C'est pas mal — morganedoc @ 21:16

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Titre : La chambre des morts

Auteur : Franck Thilliez

Nord de la France. Deux amis, victimes d’un plan social dans une grande entreprise, tuent par accident un homme qui transporte deux millions d’euros dans un sac. Coup de bol ? Pas tant que ça. L’homme est le père d’une fillette enlevée : il allait remettre la rançon aux ravisseurs. Ceux-ci ne font pas qu’enlever des fillettes : ils les torturent, les vident de leur sang, les embaument et les fige dans des positions affreuses, comme ça, pour le plaisir, bref, le genre de personne à qui on n’a pas envie de devoir quoi que ce soit. Vraiment pas de bol.

Une enquête haletante et assez horrible, menée par une fliquette sans qualification, qui se passionne pour les sciences du comportement. La personnalité de la jeune femme est assez troublante. D’un côté, elle élève seule deux bébés qui l’empêchent de dormir, ce qui la rend putôt sympathique. D’un autre, elle cache des secrets plus ou moins avouables, ce qui fait d’elle un personnage mystérieux avec une part d’ombre. On sent que Franck Thilliez aime jouer avec les limites de la morale et du supportable. Notre gentille jeune maman est fascinée par les méthodes de torture employées par les ravisseurs, au point qu’on ne sait plus trop si on peut lui faire confiance. Elle est accompagnée d’un inspecteur solide mais plus sensible qu’elle, qui est un peu le double du lecteur, parce qu’il observe les réactions de l’héroïne avec stupeur mais sans la juger, et parce qu’il est révulsé par les découvertes de l’enquête. En parallèle, l’histoire des deux « amis » qui ont subtilisé la rançon est l’occasion de découvrir comment l’argent peut transformer un être humain banal en monstre sans limite. L’auteur entre sans complexe dans la tête de l’homme qui se sent devenir un tueur, et dont les voix intérieurs s’affrontent sans pour autant le dévier de ses plans. L’histoire s’achève sur des scènes à faire froid dans le dos, malheureusement il reste quelques mystères non résolus. Un polar de talent, mais que je trouve peu abouti.

 

 

L’echappée belle 12 février, 2010

Classé dans : C'est pas mal — morganedoc @ 10:50

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Titre : L’Echappée belle

Auteur : Anna Gavalda

Une jeune femme retrouve ses frères et soeurs pour un mariage. Ennuyée par l’impossible belle-soeur et les cérémonies, la fratrie s’échappe le temps d’un retour aux sources.

A l’issu de cette lecture mon impression est contradictoire. D’un côté, comme toujours, le style de Gavalda est réjouissant : une plume dynamique, spontanée et impertinente, rafraîchissante dans un paysage éditoriale parfois plombé par le narcissisme et l’intellectualisme forcé de quelques uns. De l’autre il y a ce personnage principale, une jeune bobo parisienne en sari qui méprise la femme au foyer et qui se consume de jalousie pour sa pauvre belle-sœur qui, à ses yeux, émascule et rend malheureux le frère chéri. Le sujet principale, cette escapade bucolique d’une fratrie qui ne s’est pas vue grandir et qui regrette le temps béni de l’enfance, devient énervant à force de mièvrerie. Si la magie Gavalda fait un peu oublier l’étalage de bons sentiments, on attend en vain une engueulade jubilatoire, un accident de parcours, un peu de piment dans tout ce sucre, mais rien ne vient et l’histoire n’a pas de fin. Tout est comme si, au fond, rien ne changeait, les enfants égoïstes deviennent des adultes égoïstes, les préjugés ne sont pas remis en question et la vie reprend son cours là où on l’avait laissée pendant quelques heures.

Le papier bouffant, les marges et les écarts de paragraphe rendent trop évidente la stratégie éditoriale pour justifier les 10€, néanmoins ce petit roman vaut bien la peine, juste pour ne pas passer à côté du talent indéniable d’Anna Gavalda. Pourvu qu’elle trouve des personnages à sa hauteur et qu’elle les bouscule un peu plus.

 

 

Innocent 22 janvier, 2010

Classé dans : C'est pas mal — morganedoc @ 16:53

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Titre : Innocent

Auteur : Harlan Coben

L’histoire ? Euh, oui attends que je me souvienne … Un brave américain avec un douloureux passé et très amoureux voit son bel avenir menacé par un sms douteux et un cadavre de prostituée. Enfin un truc comme ça.

Harlan Coben : vite lu, vite oublié. J’en lis encore pour une seule raison : quand je dois prendre le train et que je n’ai rien à lire, j’ai le choix, au Relay, entre un livre à l’eau de rose aux couleurs chatoyantes, un énième inédit de Daniel Pennac, la sagesse selon Mathieu Ricard et enfin, un livre de Harlan Coben. Et je suis à peu près sûre que seul ce dernier ne m’obligera pas à m’arracher les cheuveux avant d’atteindre Saint-Brieuc. Celui là est loin d’être le meilleur, n’empêche, il m’a fait passer un bon moment.

 

 

Festin de miettes 29 novembre, 2009

Classé dans : C'est pas mal — morganedoc @ 17:16

 

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Titre : Festin de miettes

Auteur : Marine Bramly

Critique pour les éditions du Livre de Poche … En avant-première avant sa publication sur leur site internet !

Le narrateur de ce livre s’appelle Sophie. Cette jeune femme victime d’une enfance recluse et délaissée, au tempérament sage et prudent et que l’on s’imagine sans charisme, se révèle rapidement sujette à des passions mal maîtrisées. Elle est fascinée par son ancienne meilleure amie Deya, qui l’a repoussée sans raison à l’aube de l’âge adulte des années auparavant. Deya lui demande de revenir dans sa vie pour l’aider à retrouver sa mère, partie en Afrique et n’ayant plus jamais donné signe de vie.

Deya, jeune femme complexe, amante perturbée par l’image d’un père absent, négligente envers son fils, éparpillée et irresponsable, brille pourtant par son teint dorée et sa personnalité solaire. Elevée au grand air et dans le faste des hôtels de tourisme, elle achève de grandir sans repères dans la liberté d’une famille riche mais indifférente. Deya semble vainement rechercher un équilibre affectif, cultivant l’art de l’échec avec une rare insouciance.

Pour Sophie, revoir Deya réveille des pulsions à peine endormie dans un mariage sans amour. Leurs retrouvailles se transforment peu à peu en une épreuve de manipulation et d’aliénation, rythmée par les provocations et le mépris à peine dissimulé de Deya et les pulsions silencieuses mais violentes de Sophie. Victime d’une jalousie maladive, intestinale, élevée dans l’indifférence de sa famille et des institutions et sans une clé pour gérer la violence de ses sentiments, elle va échouer dans la quête de sa propre identité. Elle se reportera sur Deya, et travaillera à s’approprier tout ce qui fait de son amie une personne instable, mais saine et heureuse.

Des conséquences de ces retrouvailles, finalement tragiques, résulte un roman dérangeant mais haletant et débridé, sans tabou, qui creuse profondément dans les noirceurs du coeur humain pour qui l’amour peut devenir dévastateur. Sophie et Deya nous interrogent sur les limites de la folie et laissent dans l’esprit du lecteur l’empreinte douce-amère de leurs passions.

 

 

Paris-Brest 15 février, 2009

Classé dans : C'est pas mal — morganedoc @ 23:44

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Titre : Paris-Brest

Auteur : Tanguy Viel

 Le narrateur a fait son choix : il ne quittera pas Brest. A 17 ans, il accepte de vivre en compagnie de sa vieille grand mère richissime plutôt que de fuir avec ses parents les insultes et la honte qui se sont abattus sur sa famille, depuis que son père a été accusé d’avoir fait disparaître des millions des comptes du Stade Brestois. Histoire de famille, d’argent, de classe aussi.

Je n’aurai pas pu ne pas le lire, mais l’identification n’est pas là. Tanguy Viel nous parle des familles d’officiers mariniers qui fréquentent « le cercle », milieu que je connais sans m’y être jamais frottée. En effet, comment j’aurai pu imaginer ce que peut ressentir le rejeton d’une famille « de droite » dans une ville « de gauche » (je reprend les termes du roman) ? Les tractations financières, les hontes et les manipulations, les opportunismes qui minent les liens familiaux sont terriblement décrits dans ce roman intimiste. Je ne retrouve rien de ce que j’ai lu, vu, entendu, vécu à propos des familles brestoises, en général ouvrières ou commerçantes, si ce n’est la figure centrale maternelle, ici puissante, manaçante et destructrice. Néanmoins on a à faire à un bon roman familiale où l’auteur use de la subjectivité avec talent pour des portraits mémorables, qui nous en apprennent autant sur le narrateur lui même que sur les personnages décrits, mais aussi d’une mise en abyme bien amenée et au service de l’intrigue.

 

 

Trouille 17 décembre, 2008

Classé dans : C'est pas mal — morganedoc @ 12:46

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Titre : Trouille

Auteur : Marc Behm

Joe Egan est toujours en fuite. Il est poursuivi depuis son enfance par une femme énigmatique qui sème la mort sur son passage. Où qu’il soit, elle le retrouve et il doit changer de vie, se cacher, jouer au poker, perdre et retrouver ses amis tous aussi paumés que lui.

Grâce à l’écriture réjouissante de Marc Behm, la lecture de ce polar sans prétention a quelque chose de jubilatoire. Mais franchement, je suis déçue par la fin. Merci Pascale !

 

 

Chaos calme 1 décembre, 2008

Classé dans : C'est pas mal — morganedoc @ 15:06

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Titre : Chaos calme

Auteur : Sandro Veronesi

Le jour où il sauve une femme de la noyade, Pierto Palladini apprend que sa femme est brutalement décédée. Désormais seul pour élever sa fille, il campe sans raison toute la journée devant l’école de celle-ci, attendant la douleur qui ne vient pas. Sa famille, ses amis et ses collègues de travail se succèdent à ses côtés sur un banc ou dans sa voiture pour lui raconter leurs propres angoisses.

Difficile de faire une critique de ce livre. D’abord, il y a ce premier chapitre très bien écrit, dense et profond, surprenant, qui promet beaucoup. Puis il y a cette danse de personnages, cette réflexion sur le capitalisme, quelques histoires de fesses, des histoires ébauchées et pas terminées, bref, une profusion de bonnes idées qui se noient les unes dans les autres et finissent par ne rien donner. Ce chaos calme a quelque chose de stérile et de provocateur. On sent chez Sandro Veronesi le désir de bien faire, de trop en faire, peut-être, pour accrocher son lecteur, pour finalement perdre le fil de sa propre histoire. Voilà un roman qui ne semble pas atteindre son but. On cherche en vain dans chaque scène un fil conducteur, une évolution, une question ou une réponse, sans trouver rien d’autre qu’une sorte d’imposture, jusqu’à mettre en scène du sexe violent et des personnages très puissant comme d’ultimes tentatives d’accroches qui tuent l’émotion et la poésie qui jalonnent pourtant ce roman d’un bout à l’autre.

 

 

Un jour avant Pâques 20 novembre, 2008

Classé dans : C'est pas mal — morganedoc @ 11:24

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Titre : Un jour avant Pâques

Auteur : Zoyâ Pirzâd

Au bord de la mer Caspienne, un jeune garçon découvre les prodiges minuscules de l’univers, comme la visite d’une coccinelle ou les joies et jeux de l’enfance avec son amie Tahereh. Lui est Arménien. Elle, fille du concierge musulman de l’école.
Ainsi se côtoient dans la petite communauté arménienne, entre l’église, l’école et le cimetière, chrétiens et musulmans, femmes et hommes, crispations anciennes et libres aspirations.
Pâques, c’est la fête des œufs peints, des pensées blanches, des pâtisseries à la fleur d’oranger. C’est aussi l’occasion d’allers et retours entre passé et présent, entre Téhéran et le village de l’enfance – tout un quotidien dessiné ici avec virtuosité, un art précieux du détail et beaucoup de finesse. (Zulma).

Eh oui : j’ai repris le résumé commis par les éditions Zulma, étant moi-même dans l’incapacité d’en produire un. J’ai bien l’impression d’être passée à côté de ce livre. Je partais pourtant avec un bon à priori, parce que j’ai beaucoup aimé la lecture de « On s’y fera ». Je m’attendais à retrouver ces voix de femmes qui m’avaient beaucoup plues, aussi j’ai été déroutée par le fait que le narrateur soit un homme. J’ai aussi eu du mal à intégrer les relations entre les personnages, puis à faire le lien entre les différents temps de la narration. C’est vraiment dommage : je devais avoir l’esprit ailleurs, probablement dans « Chaos Calme » de Veronesi que j’ai commencé à feuilleter dès que je l’ai eu dans les mains et qui m’a fait une très forte impression dès le premier chapitre, probablement aussi par « Où on va papa ? » de Jean-Louis Fournier que je trimballe dans mon sac sans me résoudre à le lâcher. Le roman sensible et subtile de Zoyâ Pirzad a été écrasé dans mon esprit par deux livres très attendus et à l’écriture (peut-être) plus dense avec laquelle j’ai plus d’affinité.

 

 

La vie passionnée de Katherine Mansfield 24 octobre, 2008

Classé dans : C'est pas mal — morganedoc @ 12:03

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Titre : La vie passionnée de Katherine Mansfield

Auteur : Marianne Pierson-Piérard

Katherine Mansfiled a eu une courte vie. née en 1988 en Nouvelle-Zélande, elle quitte sa terre natale pour s’installer à Londres. Passionnée, elle ponctue sa vie de déménagements impromptus, en cultivant des relations avec le milieu littéraire londonien et parisien. Katherine Mansfield est aussi une femme amoureuse d’un chic type qui ne l’abandonnera jamais, même pas quand elle se découvrira une ingrate tuberculose qui la terrassera à l’âge de 34 ans. Pauvre Katherine! Mais cette triste vie n’aurait aucun intérêt si elle n’était pas celle de la plus talentueuse des novellistes. Que je n’ai même pas lu.

Cette biographie date un peu (1979) donc certains éléments manquent probablement, comprenez bien que la pauvre Marianne Pierson-Piérard n’avait pas Wikipedia comme base de travail. Biographie, donc, fidèle et sans parti pris. A noter également que cette auteure se révèle au fil des pages aussi passionnée que la dite-vie de Katherine Mansfiled. Que dire d’autre ? Les étranges personnages de cette autre monde (Londres, début XXe …) aiment changer de noms comme de fiacres, utilisent pseudos et initiales dans leurs correspondances ce qui trouble un peu la lecture. Bref. Venons en au fait. Katherine Mansfield est décédée un 9 janvier. Ce jour-là Simone de Beauvoir fête joyeusement ses 14 ans. Cette année-là, à Paris, elle prenait la décision de consacrer sa vie à la littérature. 62 ans plus tard jour pour jour, c’est moi qui vient au monde. Le 14 avril de l’année suivante, Simone décède à son tour. Ca ne veux rien dire mais ça me fait plaisir de voir des signes là où il n’y en a pas.

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La Théorie des cordes 20 octobre, 2008

Classé dans : C'est pas mal — morganedoc @ 12:11

 

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Titre : La Théorie des cordes

Auteur : José Carlos Somoza

Elisa Robledo est une belle, jeune et brillante physicienne. Elle a tout pour être heureuse … sauf qu’elle cache un terrible secret. Le genre de secret qui fait froid dans le dos et qui l’oblige à fuir comme une désespérée. Qu’a t’elle fait ? De quelle transgression universelle elle et une équipe de scientifiques se sont rendus coupables dix ans auparavant ? de quoi ont ils peur ? Qu’est ce qui tue aveuglement, férocement ses anciens collaborateurs ? Quel est le sens de la vie et les chemins mènent-ils tous à Rome ? Autant de questions auxquelles ce thriller terrifiant répond. Ou pas.

Brrr, brrrr … Argh, horreur que ce livre qui rescucite le mythe du savant fou qui se prend pour Dieu. Les explications scientifiques sont abordables et sympas à ressortir en soirée (« Tu veux que je t’explique la théorie des cordes ? regarde cette feuille de papier … ») mais il est difficile de démêler les éléments attestés scientifiquement de ceux qui ont été inventés pour les besoins de la narration.  Il y a quand même pas mal de longueurs, et des scènes auraient pu être coupées au montage pour rendre le tout plus haletant. J’ai lu ce livre dans le cadre de recherches pour un projet d’écriture personnel (no comment ;-) et je suis contente parce que ça ne ressemble pas à ce que je veux faire, même s’il y a pas mal de thèmes en commun.

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Pour info, Allociné assure que Twilight sort en janvier 2009 en France …

 

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